Source : usine-digitale.fr – 30/05/2017

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Le décret relatif aux attributions du secrétaire d’Etat au numérique est sorti. La fiche de poste de Mounir Mahjoubi est bien plus fournie que celle de ses prédécesseurs.

Mounir Mahjoubi a du pain sur la planche. Le décret précisant ses attributions a été publié ce 25 mai dans le Journal officiel. Le secrétaire d’Etat hérite d’un portefeuille au périmètre élargi, même s’il n’englobe plus l’innovation qu’Axelle Lemaire avait récupéré après le départ d’Emmanuel Macron du gouvernement. Sa fiche de poste comporte notamment des missions précédemment portées par Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à la réforme de l’Etat à la simplification. Sa première täche est en effet de « préparer et coordonner, conjointement avec le ministre de l’action et des comptes publics (Gérald Darmanin), la politique de transformation numérique de l’Etat« . Cela englobe la politique d’e-administration et d’open data.

Une tâche qui explique en partie son rattachement à Matignon et non à Bercy comme dans les gouvernements précédents. Il aura d’ailleurs autorité sur le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique pour les questions relevant de la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat, sur le « réseau interministériel de l’Etat » (une sorte d’intranet de l’Etat) et sur l’administrateur général des données (un poste occupé par Henri Verdier depuis 2014).

Mounir Mahjoubi aura donc un rôle de DSI et de Chief digital officer de l’Etat, mais aussi d’évangélisateur : le décret précise qu’il devra « promouvoir, avec les ministres intéressés, les actions propres à accélérer la transformation numérique de l’économie, des organisations, de l’action publique et des territoires« .

défenseur des « droits et libertés numériques »

La rédaction de sa fiche de poste témoigne aussi d’une vision transversale et sociétale du numérique, et pas seulement abordée par l’angle économique. Mounir Mahjoubi devra « veiller aux droits et libertés fondamentaux dans le monde numérique, à l’éthique des technologies, à l’inclusion, l’accessibilité et la médiation numériques« . Des sujets qu’il avait abordés lorsqu’il était président du Conseil national du numérique.

Autres tâches : « il traite, en lien avec les autres ministres concernés, de toutes questions relatives à la promotion et à la diffusion du numérique, à la gouvernance de l’internet, aux infrastructures, équipements, services, contenus et usages numériques, à la sécurité des échanges, des réseaux et des systèmes d’information« . Il « participe à l’élaboration du cadre juridique relatif au numérique, aux technologies d’avenir et aux plateformes, à l’échelle nationale, européenne et internationale ». Il sera aussi associé au « traitement des questions relatives à l’éducation et à la formation au numérique » (en lien avec le ministère de l’Education nationale) ainsi qu’aux « mutations numériques du travail« .

French Tech et investissements d’avenir

Enfin Mounir Mahjoubi ne coupe pas totalement les ponts avec Bercy et aura pour mission, évidemment, de traiter les questions liées « au développement de l’économie numérique et à la transformation numérique des entreprises« . Il participera à la mise en œuvre du volet numérique du « Programme d’investissements d’avenir ». Il pilotera aussi une partie de la DGE (Direction générale des entreprises) contenant l’Agence du numérique. Celle-ci comprend la mission French Tech, le plan Très haut débit et le programme Société numérique. Cette DGE se voit chapeautée également par Bruno Lemaire (ministre de l’Economie) et Richard Ferrand (ministre de la Cohésion des territoires). Tous ces ministères pourront donc « piocher » dans cette sorte de start-up interne du ministère de l’Economie pour leurs projets liés au numérique.

Une chose est sûre : le secrétaire d’Etat au numérique ne va pas s’ennuyer… à condition qu’il ne soit pas battu lors des élections législatives le 18 juin 2017 (il est candidat à Paris dans le XIXe arrondissement), ce qui mettrait fin à son mandat de façon prématurée. Mounir Mahjoubi s’est en effet engagé à démissionner en cas de défaite.

Sylvain Arnulf
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