Source : lebigdata.fr – 17/07/2017

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Le Big Data apporte de nombreux bénéfices aux entreprises, mais représente également un risque de sécurité pour la confidentialité. Les milliers de données partagées par les individus exposent leur vie privée plus que jamais auparavant. Les données personnelles valent de l’or pour les marketeurs, les institutions financières, les employeurs ou les gouvernements. Les conséquences peuvent être désastreuses pour les individus, qui peuvent par exemple se voir refuser un emploi ou un crédit à cause de leurs données. Découvrez les cinq principaux risques pour la confidentialité liés au Big Data.

L’automatisation de la discrimination

Il y a trois ans, l’EPIC estimait que l’utilisation des analyses prédictives dans le secteur public et le secteur privé peuvent permettre aux gouvernements et aux entreprises d’évaluer la capacité d’une personne à obtenir un emploi ou un crédit. Or, cette utilisation nuit directement à la liberté d’association. Depuis lors, les choses n’ont fait qu’empirer. La discrimination est illégale, mais l’automatisation des prises de décision la rend difficile à prouver. En somme, le Big Data tend à automatiser la discrimination. Malgré les avancées réalisées dans le domaine du Big Data, les lois sur la protection n’ont pas évolué.

Une augmentation des fuites de données

Suite aux nombreuses fuites de données de géants du commerce comme Target, Home Depot, ou de sites comme eBay, ayant impacté des dizaines de millions d’individus, le public est très alerte quant aux fraudes de cartes de crédit et aux usurpations d’identité. Hélas, le risque reste toujours très élevé, notamment à cause de l’essor de l’internet des objets. Désormais, de très nombreux meubles sont connectés dans nos foyers, au même titre que les voitures et autres accessoires que nous portons au quotidien. Le nombre cibles potentielles pour les hackers est décuplé.

La fin de l’anonymat et de la confidentialité

De nos jours, il est de plus en plus difficile de faire quoi que ce soit sans que notre identité soit associée à nos actions. Même les données  « désidentifiées » représentent un risque pour la confidentialité. Les standards de sécurité utilisés il y a encore un an ou deux ne sont plus suffisants. Les entreprises qui souhaitent rendre les données anonymes sont confrontées à une difficulté croissante. Il sera bientôt impossible d’empêcher les données de pouvoir être à nouveau associées aux individus. En plus d’être vulnérables aux fuites, les objets connectés sont de véritables machines à collecter les données les plus personnelles des utilisateurs. Les constructeurs peuvent changer les conditions de confidentialité à tout moment, et il est difficile de convaincre un utilisateur d’arrêter d’utiliser sa télévision connectée ou sa voiture connectée suite à un tel changement.

Les abus gouvernementaux

Selon l’EPIC, le nombre de bases de données gouvernementales américaines est plus élevé que jamais auparavant. Le FBI par exemple collecte des données personnelles comme le nom, les pseudonymes, l’origine ethnique, le genre, le lieu et la date de naissance, le numéro de sécurité sociale, le numéro de passeport, l’adresse, les numéros de téléphone, les photos, les empreintes digitales, les numéros de compte bancaire, et l’emploi des citoyens. En effet, l’agence s’est elle-même émancipée du Privacy Act de 1974.

La vente aux enchères des données

De nombreuses entreprises collectent et vendent les données des utilisateurs, permettant d’établir des profils d’individus. Les entreprises peuvent désormais savoir si une femme est enceinte, si une personne est homosexuelle ou si elle est atteinte d’un cancer avant même qu’elle ne le révèle à ses proches. Aucune loi ne protège réellement les consommateurs contre de tels agissements. Jusqu’à ce que des lois pour la protection de la confidentialité soient votées, ces pratiques continueront.

Bastien L